association L'éphémère

témoignage d'une maman

Madame Agnese  Moneta est la première de ces mères courageuses qui se sont mises à la recherche  de leurs enfants disparus - et les ont retrouvés. Il y a dix ans qu'elle se  dépense pour aider, réconforter, donner confiance, expliquer ce qui peut être  tenté concrètement; en outre, elle réunit les parents, les met en contact les  uns avec les autres pour faire en sorte qu'ils ne se sentent pas seuls, mais  puissent compter sur le soutien des autres. Son expérience est donc très  particulière et mérite d'être connue dans tous ses aspects.

 

Quel a été,  madame, votre cheminement en tant que mère ayant perdu un fils ?

 

Je suis partie de zéro  et je suis passée par tous les stades du désespoir, du doute et de l'incrédulité  avant d'en arriver aux convictions qui sont maintenant les miennes. J'ai compris  qu'il existe une réalité nouvelle, différente de la réalité quotidienne. J'ai  pu, dans le malheur, apprendre beaucoup de choses, j'ai retrouvé la foi, j'ai  compris qu'in fils est un don qui nous est accordé et que Dieu peut reprendre  quand il veut. J'ai compris que tout a un sens. Je ne me suis jamais rebellée  contre la volonté de Dieu, mais je voulais en savoir la cause - et je l'au sue.  Il m'a été donné en abondance pour que je puisse ensuite donner aux autres.  Pendant ces dernières années, beaucoup d'autres parents qui avaient perdu leurs  enfants sont venus vers mon mari et vers moi, et ils ont vécu, eux aussi, des  expériences merveilleuses; nous nous sommes réunis, fortifiés, et aujourd'hui  nous présentons notre conviction, dans fanatisme, avec sérénité et assurance.  Nous sommes le groupe privilégié qui a entrevu l'au-delà...

 

Quelle a été  la découverte la plus importante que vous ayez faite au cours de ces dix ans ?

 

Ecoutez, face à un malheur comme celui qui m'est  arrivé, le première tentation est de s'abandonner. C'est humain. Je me suis  rendu compte en revanche que si l'on se met à chercher avec patience et  ténacité, on arrive à un résultat, on trouve quelque chose de positif. Ce qui  m'est arrivé, ainsi qu'à beaucoup d'autres parents, en est la meilleure  démonstration.

 

Cela s'obtient facilement ?

 

Non, pas facilement. Je pense que c'est une question  d'attitude. Le doute et le fait de ne pas croire à ces choses constituent un  blocage. Si, en revanche, on est plus ouvert et disponible, il faut le chercher,  il est plus facile d'obtenir quelque chose. Encore faut-il trouver le bon  médium, sensible et disponible, il faut le chercher, ne pas manquer les  occasions. J'ai d'ailleurs l'impression que, de l'autre côté, il y a la volonté  de faire savoir, et "eux" aussi doivent trouver les bons canaux pour que ça  aboutisse.

 

Beaucoup de parents ont  développé leur sensibilité après la mort de leurs enfants. Comment s'expliquent  ces médiumnités inattendues ?

 

C'est la souffrance qui ouvre les portes et qui  révèle la médiumnité qui existe en chacun de nous. Quand elles viennent chez  moi, ces personnes sont désespérées et je leur explique alors que le désespoir  excessif fait du mal, empêche le contact. Je leur dis que je comprends leur état  d'esprit, mais qu'ils doivent se convaincre que leurs enfants sont  encore  en vie et actifs et qu'il n'y a donc pas de quoi se désespérer. J'ai appris à   ces personnes à ne pas s'abandonner, à ne pas perdre confiance: J'ai toujours  refusé, personnellement, de penser que tout finissait ainsi, pour moi, ce  n'était pas logique. L'harmonie de l'univers m'a toujours fait penser qu'il  était impossible qu'il n'y ait que cette vie. Je pensais en moi-même: où que  soit allé mon fils, je dois le trouver. J'étais sûre que j'y parviendrais d'une  manière ou d'une autre, et c'est peut-être cette attitude qui a déclenché le  mécanisme.

 

Mais vous pensez que tout  le monde peut réussir à communiquer avec l'autre dimension ?

 

Peut-être pas tout le monde, mais beaucoup, et plus  qu'on ne le croit. Par exemple, moi-même, personnellement je n'y réussis pas car  je crois que ma tâche consiste à aider, à réunir les gens, à leur donner  confiance. Les messages de Frangi, je les ai d'abord reçus à travers Mme N., qui  a ensuite aidé aussi bien d'autres personnes. Plus tard, quand elle quitta la  ville, j'en ai reçu d'autres à travers Donatella, l'amie de Frangi, et aussi par  d'autres médiums. Mais de nombreuses autres mères ont prouvé qu'elle possédaient  ce pouvoir; peut-être le détenaient-elles déjà sans le savoir et c'est la  souffrance qui l'a développé. Ce n'est d'ailleurs pas une question de dons  personnels, c'est de l'au-delà que vient la volonté de communiquer. Nos enfants  nous ont dit en effet: "Ce n'est pas dû à votre volonté, c'est nous qui voulons  descendre jusqu'à vous pour vous donner un peu de notre ciel."

Nous, ici-bas, il  suffit que nous soyons dans la bonne disposition d'esprit, et peut-être que nous  possédions cette antenne particulière nécessaire pour "capter".

 

Vous-même, personnellement,  vous n'avez jamais eu aucun phénomène de ce genre ?

 

Non. Mais il m'est arrivé dernièrement une chose  étrange, très belle. Frangi me disait depuis longtemps dans ses messages qu'en  août 1986 il m'arriverait quelque chose, quelque chose de beau. Je n'arrivais  pas à comprendre, j'espérais que d'une manière ou d'une autre, je réussirais à  le voir. Je lui demandai donc par l'intermédiaire d'une amie médium ce qui  m'arriverait, et il répondit: "Des fleurs. Tu le comprendras toute seule." Des  mois plus tard, alors que j'avais oublié ces paroles, et que je me trouvais au  lit, les yeux fermés, dans l'obscurité, je commence à voir des fleurs: mais non  pas des fleurs de ce monde, des fleurs étranges, merveilleuses, différentes des  nôtres; non pas des fleurs statiques, mais des visions changeantes, des  compositions, des scènes composées avec les fleurs. Le phénomène s'est reproduit  avec le temps et j'y assiste maintenant les yeux ouverts aussi bien que fermés.  Puis, des fleurs, nous sommes passés à des compositions de pierres précieuses,  de lumières intermittentes, de lacs, de fleuves, le tout toujours en mouvement.  J'ai demandé à Frangi ce qui m'arrivait, et il répondit que c'était lui qui  commandait mon esprit: "Je joue avec toi comme un enfant et je te montre ces  choses qui appartiennent à mon monde. C'est l'évolution de la création qui  palpite et bouge continuellement. Je ne peut pas entrer en contact avec toi  autrement, parce que tu n'as pas de médiumnité, alors j'ai choisi ce moyen pour  te faire sentir que je suis près de toi." Dans mon cas comme dans d'autres, il  s'est établi entre nous un rapport affectueux/espiègle qui est bien typique des  relations entre mère et fils. Cela nous aide beaucoup à sourire de nouveau,  d'ailleurs la vie continue autour de nous et il nous demande de ne pas la  refuser, nous invite à ne pas nous fermer. J'ai constaté cette prise de  conscience chez tous les parents: je les ai aidés à se mettre dans cet état  d'esprit, et eux, en voyant aussi mon exemple, m'ont suivie.

 

Vous lancez donc un appel à  ne pas se fermer à la vie, à continuer d'aller de l'avant malgré tout.

 

Oui. Je connais des cas limites, celui d'une mère qui  a perdu son fils il y a quelques années dans des circonstances tragiques et qui,  depuis ce jour là, ne sort plus de chez elle que pour aller à la messe tôt le  matin. D'un certain point de vue, je la comprends, mais je me demande: même si  son mari partage cette attitude, est-il juste de l'imposer aux autres enfants  qui sont vivants et en bonne santé ? Et est-ce juste vis-à vis de soi-même?  Est-ce juste de renoncer à toutes les belles émotions que peut donner la  contemplation de la création et la chaleur de l'amitié ? Quand on a encore près  de soi des personnes chères, il faut avant tout penser à elles et trouver le  courage de reconstruire d'une manière ou de l'autre un équilibre, donner à ceux  qui vivent à nos côtés la possibilité de compter sur nous. Le ressort qui  déclenche cette réaction positive, c'est de savoir que ceux sont précisément  eux, nos chers trépassés, qui veulent encore le sourire sur nos lèvres. Partant  de cette conviction qui m'a été "imposée" par les circonstances, et n'est  certainement pas due à une sécheresse des sentiments, j'estime que mon devoir  est de m'employer à inciter quiconque a vécu mon expérience, à vivre une vie  pleine et complète sans se priver de ce peu de bonnes choses qu'elle peut nous  offrit à nous tous. Il faut souvent vaincre la crainte secrète des critiques  d'autrui, mais nous devons trouver la force intérieure de nous dire que personne  ne peut lire dans notre cœur. La vie est un passage pour tout le monde et  peut-être pouvons-nous être un exemple de sagesse et de foi, et faire ainsi  comprendre à tous, que nous avons part à quelque chose de très beau. Le  sentiment commun à ceux qui subissent une pareille souffrance est qu'il s'agit  d'une punition divine imméritée, d'une méchanceté qui contraste avec la vision  d'un Dieu d'amour. Mais ce n'est pas vrai: il s'agit seulement d'une épreuve. Le  Seigneur effleure les cordes de notre harpe et écoute les sons qui en  jaillissent, évalue de quelle trempe nous sommes faits; et c'est pourquoi c'est  au moment de l'épreuve que nous devons monter ce que nous valons.

 

Avez-vous deviné aussi la  raison pour laquelle vos enfants ont dû disparaître aussi tôt ?

 

La vie est un cycle, qui, pour nos enfants, a été  plus rapide. Peut-être avaient-ils déjà accompli leur expérience terrestre,  peut-être leur évolution était-elle déjà complète et n'avaient-ils donc pas  besoin d'arriver à la vieillesse. D'autres tâches les attendaient.

 

Croyez-vous à la  réincarnation ? D'après vos deux dernières phrases, on pourrait le croire...

 

Il n'est pas facile de répondre. Comme je le disais  plus tôt, la vie est, pour moi, un cycle à travers lequel on acquiert de  nouvelles expériences et on s'améliore. Si, pour parvenir à tout cela, il est  vraiment nécessaire de revenir vivre sur la terre, je suis sûre que cela ne se  produit que par notre libre choix, et au moment le plus opportun. Cette  perspective ne me fait donc pas peur. Dans cette optique, il m'est facile  d'expliquer et d'accepter les apparentes injustices que nous rencontrons autour  de nous.

 

Madame, après toutes les  expériences que vous avez pu faire, après tout ce que vous avez vu et éprouvé,  quelle représentation vous faite-vous de l'existence de ces jeunes dans  l'au-delà ?

 

Ils sont heureux, actifs, ils accomplissent beaucoup  de tâches dont ils nous ont parlé, et ils se sont aussi retrouvés. Plusieurs  d'entre eux nous disent, en effet, qu'ils sont ensemble, qu'ils ont été  accueillis par Frangi, qui a également fait en sorte qu'ils puissent donner de  leurs nouvelles. Et les preuves qu'ils nous donnent continuellement de cette  existence qui est la leur sont nombreuses et extraordinaires. Certes, nos  enfants nous manquent, mais les savoir vivants et heureux nous donne aussi une  grande paix.



26/03/2015
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